Préservation de la pleine terre : les promesses électorales de Nathalie Koenders invalidées par son Schéma de Cohérence Territoriale !
Nous révélons la révision du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), discrètement adoptée le 11 février sous l’impulsion de Nathalie Koenders et François Rebsamen. Cet important document d’urbanisme planifie la destruction supplémentaire de 25 hectares d’espaces naturels et agricoles à Dijon et plus de 190 hectares sur la métropole. En contradiction flagrante avec la promesse de la maire sortante de ne plus construire sur la pleine terre, qui se révèle donc être un mensonge électoral. Décryptage.

Les promesses de Mme Koenders
Le 25 février lors d’un débat devant des chefs d’entreprises, Mme Koenders affirmait : “nous allons préserver les sols vivants, nous n’allons plus construire sur la pleine terre”, ce qui amenait notre tête de liste Rémi Goguel à dénoncer sa contradiction avec le SCoT récemment adopté (écoutez l’échange).
Au débat de France 3 le 4 mars, questionnée par notre candidat sur cette contradiction, Mme Koenders a fait cette réponse : “J’ai annoncé qu’on ne construirait plus sur les zones de pleine terre, que je préservais les sols vivants, je l’ai fait depuis que je suis Maire et je le ferai si je suis réélue, qui a fait fera et et donc les électeurs peuvent me faire confiance sur ce sujet, voilà. Les gens me connaissent, ils savent que je tienne (sic) mes promesses.”
Mais qui peut encore croire les promesses de Mme Koenders, alors qu’il y a moins d’un mois, le 11 février, elle a donc fait adopter avec F. Rebsamen une révision du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Dijonnais, qui programme la destruction supplémentaire de 25 hectares d’espaces naturels et agricoles (donc de pleine terre) à Dijon et plus de 190 hectares sur la métropole.
La révision du SCoT

Le Schéma de Cohérence Territoriale du Dijonnais (SCoT) est un document qui structure et programme pour les 20 prochaines années (2026-2046) l’urbanisation d’un territoire composé des collectivités de Dijon Métropole, de la Communauté de Communes Norge et Tille et de la Communauté de Communes de la Plaine Dijonnaise. Le SCOT définit notamment des objectifs de croissance de la population, de construction de nouveaux logements, et de surfaces de pleine terre à artificialiser. C’est donc un document essentiel qui engage pleinement l’avenir du territoire et de la population. D’autant plus que la hiérarchie des normes impose que les objectifs du SCOT soient ensuite repris dans les plans d’urbanismes locaux et intercommunaux, notamment le PLUi-HD de Dijon Métropole.
Le SCoT a été mis en révision par décision du Syndicat mixte du SCoT en date du 22 février 2023, dans laquelle sont précisées les modalités de la concertation publique liées à cette révision. Une concertation publique a été organisée sur cette révision, avec un dossier de concertation et l’organisation de trois réunions publiques. AUCUNE publicité n’ayant été faite sur cette concertation, seules DEUX contributions ont été versées au registre : celle d’un maire d’une commune rurale… et celle de l’association Dijon Avenir 😉 publiée dans le bilan de la concertation.
Que prévoit le SCoT révisé ?
Le SCoT révisé définit de nouveaux objectifs de croissance du territoire pour les 20 prochaines années (horizon 2046). En voici la synthèse pour Dijon et Dijon Métropole, tels qu’ils ressortent du Projet d’Aménagement Stratégique (PAS) et du Document d’Orientation et d’Objectifs (DOO) publiés il y a quelques jours sur le site web du SCoT :

Il est intéressant de relever que l’objectif de construction de logements intervient dans un contexte où le territoire (essentiellement Dijon et la Métropole) construit en moyenne 2 logements neufs pour 1 nouvel habitant, comme le montre l’infographie ci-dessous, extrait du diaporama de présentation des réunions publiques. Situation intenable sur le long terme !

Qui a fixé ces objectifs ?
La métropole dijonnaise représente 87% de la population du territoire du SCoT, et la ville de Dijon 54%. Ainsi, F. Rebsamen (Président de la Métropole) et N. Koenders (Maire de Dijon), sont ultra-majoritaires dans les instances du SCoT et donc dans la détermination des objectifs de croissance et d’artificialisation du territoire. Nathalie Koenders dispose même, seule, de la majorité absolue dans ces instances.Ainsi ces objectifs de croissance de la population, de la production de logements et de la destruction de pleine terre, sont les siens. Elle ne peut pas se défausser de ses responsabilités !
Quelles conséquences ?
Le SCoT aura donc pour conséquence concrète l’artificialisation c’est-à-dire la destruction supplémentaire de 25 hectares d’espaces naturels et agricoles à Dijon et plus de 190 hectares sur la métropole. A Dijon, c’est un rythme d’artificialisation 5 fois supérieur à celui de la période 2010-2015.
Dans les bureaux de Dijon Métropole, les équipes de prospective préparent déjà discrètement le terrain aux promoteurs, en dressant différents scénarios de “formes urbaines à l’horizon 2050”, que l’on retrouve notamment en page 48 du diagnostic de vulnérabilité du Plan Climat Biodiversité… qui s’intéresse aux îlots de chaleur urbain ! Tous les scénarios étudiés se traduisent par des destructions significatives de pleine terre dans la zone agricole, jusqu’au plus délirant qui envisage une bétonisation presque intégrale des terres encore préservées !

Ces nouvelles destructions de pleine terre s’ajouteront aux centaines d’hectares déjà artificialisés par le plan d’urbanisme (PLUi-HD) de Dijon Métropole depuis 2020, documentés sur cette carte des “terres à défendre” que nous tenons à jour depuis la lutte des Jardins de l’Engrenage :

D’autre part, cette expansion continue de la ville se fait au prix d’un exode rural qui vide progressivement les campagnes alentour de leur population, comme le montrent les derniers recensements de l’INSEE.
Evolution de la population entre 2015 et 2023 (source recensement INSEE)

Que fera Dijon Avenir ?
Alors que notre territoire est dépendant à plus de 90 % de la nourriture importée de loin, voire de très loin, et que nous devons planter massivement des arbres en ville pour faire face aux vagues de chaleur à venir, notre liste citoyenne « Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger » propose un programme pour retrouver le sens des limites par la sobriété, ralentir puis cesser l’expansion géographique et démographique de la ville, et faire de Dijon une “ville nourricière” autonome à 80% pour l’alimentation de ses habitantes. Assurer les besoins vitaux de la population, c’est la première mission de la municipalité. Nous nous engageons à préserver réellement la pleine terre, en ville comme dans les espaces naturels et agricoles de la Métropole.
Détails des objectifs du SCoT
Ces tableaux tirés du Projet d’Aménagement Stratégique (PAS) et du Document d’Orientation et d’Objectifs (DOO) détaillent les objectifs du SCoT pour Dijon et Dijon Métropole :
Croissance population

Construction logements

Artificialisation pleine terre
